Après 8 mois de mission au prieuré clunisien de Ternay, c’est l’heure d’un premier bilan pour Véronique et Olivier. Avec patience et humilité ils s’intègrent à leur nouvel environnement et de nombreux fruits sont déjà là !

Dans cette vidéo tournée à la veille de leur envoi en mission, Véronique et Olivier partageaient le désir qui les habitait : « porter cette dynamique chrétienne qui nous a tant nourris, là où il y en a le plus besoin » Avec 4 enfants désormais autonomes, ils ont opté pour une formule qui correspondait bien à leur situation de vie : un déplacement de 70 km « seulement » permettant à Olivier de conserver son métier sur Lyon, tout en ouvrant un vrai espace de disponibilité dans leur quotidien pour orienter l’ordinaire de leur vie vers un territoire où la soif de Dieu est immense !
Après 8 mois de mission au prieuré clunisien de Ternay, c’est l’heure d’un premier bilan pour Véronique et Olivier. Avec patience et humilité ils s’intègrent à leur nouvel environnement et de nombreux fruits sont déjà là !
En septembre 2025, le couple avait quitté la maison familiale à côté de Villefranche-sur-Saône, pour déménager 50 km plus au sud, où un magnifique prieuré clunisien du XIIè siècle n’attendait qu’eux pour retrouver une âme vivante. En effet, laissé vacant depuis près de 10 ans, cet ensemble constitué autour de l’église St Mayol attire encore bien des touristes… mais il n’y a plus de prêtres ou religieux sur place depuis bien longtemps.
Ternay, située à 20 km au sud de Lyon, appartient à un ensemble de trois paroisses (10 clochers et… 55.000 habitants !) pour lesquels se dévouent deux jeunes prêtres. Lors de la Nuit pour la Mission, le curé, Père Charles-Alban Guez avait partagé dans un pitch enflammé sa joie d’accueillir Véronique et Olivier en renfort !
L’enjeu de leur mission : être de véritables relais pour les prêtres à Ternay, en incarnant le visage d’une Eglise ouverte, accueillante et chaleureuse.
Lors des premiers mois, Véronique et Olivier se sont laissés eux-mêmes accueillir : « Nous avons été particulièrement bien accueillis par les paroissiens attachés à ce clocher, qui partagent avec nous l’histoire et la mémoire vivante de ce lieu. »

Au début, ils ont dû dépasser les quelques petits soucis matériels de leur installation dans un bâtiment qui n’avait pas été habité depuis de nombreuses années. Et puis, il a fallu s’adapter au son des cloches qui ponctuent chaque heure de la nuit (pour les couche-tôt, le réveil en sursaut aux douze coups de minuit… il faut s’y faire !)
Mais avec beaucoup de simplicité et de bon sens, ils ont commencé par ancrer humblement leur mission dans la prière ainsi que dans des temps fraternels avec la « Team Ternay », cette équipe qu’ils composent avec les 2 prêtres. Ensemble, ils partagent louange, laudes et petit-déjeuner tous les jeudis matins, ainsi que d’autres temps de détente fraternelle plusieurs fois dans l’année.
Véronique et Olivier témoignent : « Nous passons chaque semaine autant de temps que possible devant le Saint Sacrement de notre église, pour Le laisser nous inspirer ce qui est bon pour cette mission. Un des enjeux est de ne pas se laisser embarquer dans trop d’initiatives à la fois, mais de garder notre équilibre de vie personnelle, de couple et de famille.«
Après une phase de découverte de tous les réalités paroissiales les amenant notamment à donner quelques coups de main ponctuels aux équipes de préparation aux sacrements, Véronique et Olivier sont entrés dans le vif du sujet, en créant une fraternité paroissiale sur Ternay. Jusqu’à 9 personnes se réunissent ainsi toutes les 2 à 3 semaines, pour un moment convivial (repas ou dessert), une prière ensemble préparée à tour de rôle (louange ou autre), un partage de vie et un partage sur la Parole de Dieu du dimanche suivant. « Nous sommes édifiés par la profondeur des échanges qui s’y vivent. Cette fraternité est un vrai soutien dans nos vies quotidiennes. Et puis c’est aussi le lieu où les uns et les autres peuvent se livrer : nous découvrons la réalité difficile de plusieurs mamans solo avec lesquelles nous sommes heureux de prendre le temps de tisser des liens en profondeur, dans l’écoute. »
Par ailleurs, dès janvier, Véronique a ouvert une permanence d’accueil dans une salle du prieuré chaque mercredi après-midi. Un temps d’écoute et de partage, libre et gratuit. « On y vient rompre la solitude autour d’un café ou d’une tisane, on fait connaissance, on échange en toute simplicité. Et puis, au bout d’un moment, on prend un petit temps de prière sous une forme ou une autre. » Avec quelques jeux et de quoi dessiner, les enfants trouvent de quoi s’occuper. C’est une belle proposition intergénérationnelle !

Et puis, vivre à proximité immédiate de l’église Saint Mayol, cela permet bien d’autres rencontres du quotidien : une personne issue de l’islam qui vit une conversion profonde et vient prier dans l’église, bien loin de son lieu de vie, une femme qui dépose fidèlement un lumignon pour prolonger sa prière, au pied de la statue de la Vierge Marie, un visiteur de passage… et même les personnels des services des pompes funèbres, heureux et touchés en hiver de se voir invités au chaud pour un café chez Véronique et Olivier pendant les funérailles.
Enfin plus récemment, un temps fort a été vécu tout au long d’un week-end intitulé « Clocher en mission« . Les 2 prêtres se sont mobilisés pour l’occasion, afin d’aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas l’habitude de fréquenter l’église Saint Mayol. Bénédiction des commerces voisins et rencontre des commerçants du marché du dimanche matin, visite aux personnes âgées, rencontre des élus, temps conviviaux en marge de temps de louange ou de prière dans l’église, et en point d’orgue une soirée ciné-débat dans l’église autour d’un épisode de la série The Chosen. Olivier témoigne : « C’était tout simple. Nous n’avions par exemple que 12 carnets de chants à disposition. Et à chaque moment de prière, il y avait tout pile 12 participants… Le Seigneur est bon : il a permis des rencontres à la mesure de notre capacité à accueillir. Quelle joie de multiplier les échanges avec des personnes qui ne sont pas des piliers d’église mais qui sont véritablement des chercheurs de Dieu. »
Du côté d’Olivier, qui a conservé son métier à responsabilité basé à Lyon, les premiers mois de mission n’ont pas été simples. Assez vite, il a fait l’expérience d’une grande fatigue liée aux conséquences d’engagements multiples. Au bout de quelques semaines, il a compris qu’il ne pourrait pas tout mener de front sans risquer de perdre sa santé : « Je ressentais une vraie frustration pour le manque de temps à consacrer à la mission et puis aussi je me sentais un peu inutile face à l’immensité de la tâche. Mon désir intérieur était d’agir pour la mission mais mon corps ne suivait pas dans ce rythme-là, donc je touchais du doigt mes limites et je ressentais des scrupules de devoir lever le pied. Je priais alors le Seigneur en disant « mais pourquoi cette faiblesse Seigneur, où sont les grâces dont j’ai besoin pour mener cette vie que tu m’as confiée, est-ce que ce n’était pas ta volonté de m’avoir envoyé en mission avec mon épouse ? »
Un soir, des frères et soeurs prient pour lui, avec comme intention spécifique de l’aider à accepter cette situation et discerner la volonté de Dieu pour lui. Le texte reçu ce soir-là est celui de la pauvre veuve qui dépose ses deux piécettes dans le trésor du temple et qui a tout donné (Marc, 12).
« J’ai alors compris que le Seigneur ne me demandait pas plus ce que je ne pouvais donner mais de donner le meilleur de moi-même dans ce que je pouvais vraiment assumer. » Depuis, Olivier fait attention à ne pas se disperser et à conserver une forme d’équilibre de vie : il a repris le sport et reste attentif et à l’écoute de l’Esprit-Saint pour se laisser mener par lui dans la mission.
De son côté, Véronique se réjouit de participer 2 mardis par mois à la “Flame”, formation dispensée par le diocèse de Lyon à destination des laïcs en mission ecclésiale. En prenant le train régulièrement pour retrouver la trentaine d’autres personnes qui suivent cette formation, elle reprend du souffle pour la mission. Comme les autres, elle est enseignée sur des sujets pointus tels que la Christologie, la Trinité, Introduction à la lecture de l’Ancien et du Nouveau Testament, la Sotériologie (de quoi Jésus nous sauve-t-il ?), la transformation pastorale, ou encore la liturgie ou les sacrements… Grâce à des temps fraternels et des groupes de partage par groupes de 3 personnes se réunissant 5 fois dans l’année, les laïcs en mission du diocèse avancent ensemble et s’entraident. « C’est très porteur ! Un rendu écrit par cours nous est même demandé pour nous approprier les connaissances. Je reçois beaucoup de cette formation et suis reconnaissante de pouvoir la suivre ! » témoigne Véronique.